WE  PIANO 2021

week-ends du piano

Neuchâtel

22,23,24, 30 ET 31 JANVIER

Marc Pantillon
Katja Avdeeva
Gilles Landini
Raphaël Colin
Victorien Vanoosten
Marc Perrenoud Trio

Conservatoire neuchâtelois
Auditorium 1

Vendredi 22 janvier à 20h
Marc Pantillon et Katja Avdeeva
Bach à deux pianos
Création de la Ballade de J-Ph Bauermeister
Samedi 23 janvier à 20h
Gilles Landini et Raphaël Colin
Concertos pour piano de Mozart K 414 et K 415
Avec ensemble « La Stravaganza »

Salle de musique/ La Chaux-de-Fonds

En collaboration avec ESN
Dimanche 24 janvier à 17h
2 mains levées
Victorien Vanoosten au piano et direction
Brahme, Ravel et Tchaikovsky

  

Théâtre du Passage / Neuchâtel

Samedi 30 janvier à 20h
Récital de piano
Dimanche 31 janvier à 14h30
« Jeunesse au piano »
Schumann et Prokofiev par les jeunes étudiants du Conservatoire neuchâtelois

Dimanche 31 janvier à 17h
Concert évènement
Soirée de jazz 
Marc Perrenoud Trio avec présentation de l’album «Morphée»

Morphée , présentation de l’album

Marc Perrenoud, la nuit sur les chemins du rêve

 

 «Pour certains, il est naturel d’écrire la nuit. Pas pour moi. Je suis plutôt du matin. Sauf que l’été dernier, il faisait trop chaud la journée, alors je suis devenu un créateur nocturne...»

Personnalité́ rayonnante de la scène jazz européenne, le pianiste Marc Perrenoud ne fait rien comme tout le monde. A une époque où tant de formations s’adaptent servilement aux modes et aux tendances, le musicien suisse de 38 ans s’inscrit dans la durée et la continuité́, indifférent aux engouements passagers. Formé en 2007 avec le batteur Cyril Regamey et le contrebassiste Marco Müller, son trio compte quelque 400 concerts à son actif dans le monde entier. Une longévité́ qui paie: au fil des tournées, les trois musiciens ont développé́ une complicité́ à toute épreuve, dont témoigne une discographie restreinte mais essentielle.

Après quatre albums («Logo», «Two Lost Churches», «Vestry Lamento», «Nature Boy») aux vertus solaires, regorgeant de chaleur mélodique, de sonorités miroitantes et de grooves incandescents, voici «Morphée», cinquième album du Marc Perrenoud Trio qui plonge l’auditeur dans un univers nocturne et insaisissable comme l’étoffe des rêves. «On étouffait à Genève pendant le mois d’août 2019, se souvient Marc. La nuit, il faisait plus frais, alors j’ai commencé à écrire des thèmes entre 2h et 5h du matin. Je dormais un peu, j’écrivais, me rendormais un peu... L’été́, le rapport au temps est diffèrent, les choses ralentissent. Écrire la nuit, entre sommeil et éveil somnolent, ça m’a permis de casser mes habitudes et de trouver autre chose: un sens accru de l’espace et des résonances, une sonorité́ libre, ouverte, comme hors du temps.»

Pour explorer les possibilités de ce nouveau répertoire, Marc, Cyril et Marco se sont enfermés une semaine en résidence à Château Rouge, à Annemasse. «Jusqu’au quatrième album, nous avions plutôt fonctionné à l’instinct, révèle Marc Perrenoud. Notre complicité́ est un immense avantage, elle crée des automatismes de pensée, on se comprend sans avoir à rien expliquer.» Mais cette complicité qui confine à l’osmose peut aussi devenir un challenge: «Le cerveau veut être conforté dans ses habitudes, analyse Marc. Il faut beaucoup d’efforts pour changer de cadre, pour développer de nouvelles idées... A Château Rouge, on était coupé du monde et on a pu travailler d’une manière toute différente, ça discutait beaucoup!» Sans contraintes matérielles, uniquement préoccupés par la musique du nouvel album, les trois complices ont pu prendre le temps de parler, d’expérimenter, d’essayer de nouvelles formes d’interaction.

Le résultat se décline en huit compositions originales du pianiste, autant d’instantanés de vie nocturne saisis dans la fièvre caniculaire de l’été 2019. Avec sa forme «assez peu définie», le thème-titre rappelle le «flottement insaisissable d’un rêve», selon Marc.  Le dynamisme haletant de «Night Run» suggère un «jeu de cache-cache urbain dans une nuit sans lumières».

Contraste total avec «Stairs», dont les deux prises révèlent l’étonnant potentiel d’un matériau à la nudité extrême: une gamme descend puis remonte en «escalier», «mélodie la plus simple possible, sans aucune articulation», mais qui permet «de faire respirer le trio, de trouver de l’espace dans la lenteur».

 Retour à l’ambiance urbaine avec «The REB», sorte de «métro imaginaire lancéau coeur de la nuit».

 «A Feather» évoque quelque forêt hantée par des ombres énigmatiques.

Dans «East Tower», la batterie précise et pétillante de Cyril Regamey lance un shuffle groove déglingué, à la mélodie un peu monkienne, dans la tonalité inhabituelle de do dièse mineur.

Autre construction rythmique surprenante dans le thème du caressant «Twenty Five Ghosts»: 25 temps découpés en 7-5-7-6, qui créent une «mécanique un peu bancale, avec une jambe de bois», s’amuse Marc.

 Inspiré par un poème de Joyce, «A Flower To My Daughter» figurait déjà dans l’album d’Aksham, le quintet que Marc Perrenoud co-dirige avec la chanteuse Elina Duni et le trompettiste David Enhco. Le thème est ici métamorphosé en ballade intime, superbement introduite par la contrebasse au chant crépusculaire de Marco Müller. Enregistré les 29 et 30 octobre 2019 sur le magnifique Steinway de concert du Studio de Meudon, au Sud- Ouest de Paris, l’album bénéficie d’une prise de son lumineuse de Julien Bassères. Signées Liliroze, les fascinantes photos de la pochette embrassent idéalement l’atmosphère onirique de la musique. Au recto, les trois complices semblent accueillir la lumière du jour comme s’ils étaient heureux d’avoir survécu à leurs angoisses nocturnes. Au verso, un vieux piano droit aux chandeliers ouvragés conjure une brume fantomatique entre pastels bleu-vert et oiseaux de nuit. Dans la mythologie grecque, Morphée est le dieu des «rêves prophétiques», celui «qui donne forme» aux songes. Le Marc Perrenoud Trio leur a donné une voix.

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Katja Avdeeva

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