Biographies des artistes :

Katja Avdeeva

C'est à Saint-Pétersbourg que Katja Avdeeva étudiera le piano au Conservatoire d'Etat avec Marina Wolf et Pavel Egorov dans la meilleure tradition de l'école russe de piano. Après l'obtention de son diplôme avec distinction en Russie, elle a poursuivi ses études en Suisse,  virtuosité avec Marc Pantillon au Conservatoire de Neuchâtel et diplôme de soliste avec Thomas Larcher à la Musikakademie de Bâle. Sony BMG publiera l'interprétation des Etudes-Tableaux de Rachmaninov qu'elle enregistrera peu après avoir décroché son diplôme de soliste. Elle est lauréate de concours nationaux et internationaux de piano en Suisse, en France, en Italie et en Espagne.
Sa fascination pour la musique contemporaine l'a mené à travailler avec des musiciens tels que Pierre Boulez, Harrison Birtwistle, Heinz Holliger, Kasper de Roo…
Elle prend part à de nombreux festivals comme Klangspuren, Lucerne Festival, Les Jardins Musicaux, Festival de la musique contemporaine à Darmstadt, VFMIF, Alion Baltic… Elle donne enfin des master-class et participe comme membre du jury à des concours internationaux. Katja Avdeeva investit beaucoup d’efforts dans la promotion de la musique contemporaine, notamment suisse et neuchâteloise et aussi à la promotion des jeunes talents.  Elle est directrice du Concours International Piano Val de Travers et du festival  Week-ends du piano à Neuchâtel.

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Simon Peguiron

Musicien aux multiples facettes, Simon Peguiron s’engage depuis de nombreuses années au sein de la vie culturelle neuchâteloise, que ce soit en tant que concertiste, comme compositeur, arrangeur, improvisateur ou organisateur de nombreux événements artistiques.

Il débute la musique par le violon, avant de se tourner vers les instruments à clavier ; il effectue sa formation au Conservatoire de La Chaux-de-fonds avec Catherine Courvoisier et Philippe Laubscher puis à Bâle (classe d’orgue de Guy Bovet) et Zurich (classe de piano de Homero Francesch). Il a été soutenu dans son parcours par le Lycéum-club de La Chaux-de-Fonds, la fondation Friedl-Wald et la fondation Ernst Göhner.

Au fil des ans, il a eu l’occasion de se produire au piano ou à l’orgue dans les plus prestigieuses salles de Suisse et à travers l’Europe entière. Il enseigne le piano au Conservatoire neuchâtelois depuis 2006 et a repris, dans cette même institution, la classe d’orgue du site de La Chaux-de-Fonds en 2017. Il accompagne depuis 2010 la classe de violon de Sergey Ostrovsky à la Haute école de musique de Genève-Neuchâtel.

Organiste titulaire de la Collégiale de Neuchâtel depuis 2009, il y a fondé, avec son épouse Fanny, un ensemble vocal dont le domaine de prédilection est l’interprétation des cantates de Bach. Sur cette lancée, il s’est formé à la direction d’orchestre et a été nommé en 2017 à la tête de l’Orchestre de Chambre de La Chaux-de-Fonds, avec lequel il a déjà présenté plusieurs séries de concerts dont la qualité a été soulignée.

À côté de cette activité foisonnante, Simon Peguiron consacre un temps important à sa famille. Il se réjouit de partager sa passion pour la musique et pense avec reconnaissance à toutes les personnes qui lui ont permis de découvrir et d’aimer cet art.

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Pieter-Jelle de Boer

A refined musician of remarkable versatility, Pieter-Jelle de Boer is rapidly establishing himself as one of the most talented conductors of his generation. He recently made successful debut appearences with the Rotterdam Philharmonic Orchestra and the Orchestre de la Suisse Romande, as well as the Orquesta Sinfónica de la RTVE in Madrid. A native of The Netherlands, based in France, he has worked with many orchestras in both countries, such as the Residentie Orchestra of The Hague, the North Netherlands Orchestra, the Orchestre Symphonique de Mulhouse and the Orchestre de l'Opéra de Rouen. In the fall of 2017, he will lead the South Netherlands Philharmonic in Massenet's Werther for Opera Zuid.

A laureate of the Antonio Pedrotti conducting competition in 2010, Pieter-Jelle de Boer is subsequently invited to work with the Orchestre National Bordeaux-Aquitaine, the Orchestre Philharmonique Royal de LiègeFurthermore, the Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, the Bratislava Radio Orchestra and the Staatsorchester Braunschweig, accompanying soloists such as Pieter Wispelwey, Alena Baeva, Thierry Escaich, Béatrice Uria-Monzon and Michael Fabiano. His particular sensitivity to the human voice has led to a fruitful cooperation with the renowned Parisian chamber choir Accentus, culminating in critically acclaimed recordings of choral works by Leoš Janáček and Bruno Mantovani for Naïve. He also lead the SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg in a Naxos recording of the rarely heard violin concertos of Mario Castelnuovo-Tedesco with soloist Tianwa Yang. As a pianist, he has recorded works by Felix Mendelssohn-Bartholdy, praised for their "shining musicality, even pure charm", and has equally taken part in a recording of the complete works for piano solo by Sergei Rachmaninoff.

 

Pieter-Jelle de Boer holds advanced degrees in piano and organ from the Amsterdam Conservatoire, followed by a Premier Prix in conducting at the Paris Conservatoire, where he was a student of Zsolt Nagy. He received further coaching from outstanding musicians such as Murray Perahia, Emanuel Ax and Peter Eötvös. An avid composer and transcriber, he has written Ciacona, for piano solo, and Danses concertantes, for organ, brass and percussion, premiered in 2009 at the festival Toulouse-les-orgues. His recent orchestration of the Suite for organ by Maurice Duruflé has been edited by Durand in 2016 and premiered by the Orchestre National du Capitole de Toulouse.

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Els Biesemans

Els Biesemans was born in Antwerp in 1978, and studied piano, organ and chamber music at the Belgian Conservatory in Leuven. In 2001 she was awarded a Master of Music with Honours. In 2005 Andrea Marcon, recognizing that she was a great artist, invited her to continue her studies at the Schola Cantorum Basiliensis where she specialized in 18th- and 19th-century keyboard music under Jesper Christensen.

Her love of period instruments emerged at an early age. She began playing the organ at seven and soon learned to adapt to new instruments and changing acoustic conditions. She developed a deep relationship with instruments built to withstand the test of time and to outlast many generations. This experience sharpened her ear and laid the foundations for a lively, complex keyboard technique that is essential for playing period instruments.

Els Biesemans has won countless international competitions in Bruges, Paris, Prague, Tokyo and Montreal, winning the Ciurlionis Competition in Vilnius and the ‘Arp Schnitger’ competition  in Bremen. She has performed as a solo artist all over Europe, in the U.S., Canada and Japan and has regularly appeared on stage in concert halls such as the Philharmonie Berlin, the Philharmonie Essen, the Tonhalle Zürich, the Salle Philharmonique Liège, the BOZAR in Brussel and AMUZ in Antwerp, Philharmonie Ekaterinburg and Omsk, Maison de la Radio France in Paris and in the Palacio Euskalduna in Bilbao.

Her musical partners include the singers Julian Prégardien, Christian Immler, violin players Chouchane Siranossian and Mayumi Harasaki, as well as the orchestra La Cetra, conducted by Andrea Marcon. 

Together with her Ensemble Elsewhere, Els Biesemans has continuously expanded her repertoire, focusing in particular on music that has sunk into oblivion. Her love for forgotten music inspired the first-ever recording on CD of Franz Xaver Sterkel’s violin and piano sonatas (released in 2017).

An overwhelmingly positive press response greeted her CD recordings of Fanny Hensel-Mendelssohn’s «Das Jahr»piano suite (issued by Genuin in 2012) and of the Liszt transcriptions of Franz Schubert’s «Winterreise» song cycle (issued by Genuin in 2014), pieces that she played for the first time ever on a period piano. Further recordings of symphonic organ music such as the complete organ works of Maurice Duruflé round off her discography. 

Els Biesemans often plays her own instruments during her concert tours. Her private collection includes a Brodmann grand (c. 1825), an 1836 Pleyel grand, a square piano from 1851 by Pleyel as well as a reproduction of an early Viennese piano (1805) built by Paul McNulty. She lives with her family of instruments in Zurich where she founded a fortepiano festival called “Flügelschläge”, directing it with great dedication.

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Frédéric Champion

Musicien Français, Frédéric Champion est titulaire de nombreux prix récompensant ses interprétations d'oeuvres composées entre le XVIème siècle et aujourd‘hui. Se produisant régulièrement comme soliste, avec orchestre ou chœur, il a donné un grand nombre de concerts en Europe, Asie et Amérique du Nord. Il a crée des œuvres pour orgue, orgue et percussions ou chœur, et trouve un intérêt particulier à l'exercice de la transcription d'œuvres orchestrales pour l'orgue. Il cultive par ailleurs l'art de l'improvisation à l'orgue et au pianoforte. 

Né à Lyon en 1976, Frédéric Champion commence le piano à l'âge de 8 ans puis effectue dans différents conservatoires des études musicales complètes : Conservatoire National de Région de Lyon (classe d'orgue de Louis Robilliard), Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (classe d'orgue de Michel Bouvard), Centre d'Études Supérieures de Musique de Toulouse (classes d'orgue et de clavecin de Jan Willem Jansen). Parallèlement à ses études d'orgue, Frédéric Champion se spécialise en pianoforte auprès de Yasuko Uyama au Conservatoire National de Région de Toulouse ainsi qu'auprès de Edoardo Torbianelli (répertoire) et Rudolf Lutz (improvisation) à la Schola Cantorum Basiliensis (Bâle). 

Entre 1998 et 2004, il se voit décerner  plusieurs récompenses dans les concours internationaux : 1er prix au Concours international d'orgue de Tokyo-Musashino, "Bachpreisträger" au Concours Bach de Leipzig en 2004 ; 2e prix aux Concours international d'orgue de Luzern et au Concours européen de musique de chambre de Paris (FNAPEC) en 2002 ; 1er prix au Concours Gottfried Silbermann de Freiberg en 2001, 2e prix au concours "Musica Antiqua" de Bruges en 2000 et gagnant du concours de musique espagnole de Toulouse en 1998. En 2008, il remportait le 1er prix, ainsi que le prix du public lors de la première édition du Concours International d'Orgue du Canada (CIOC).

Depuis sa victoire au CIOC 2008, nouveau concours prestigieux à Montréal qui joue un rôle clé dans la sensibilisation et la promotion de la musique d'orgue, Frédéric Champion est synthonisé sur les ondes de Radio-Canada et CBC qui diffusent régulièrement ses prestations. Il agit actuellement à titre de premier ambassadeur du Concours International d'Orgue du Canada. Son CD "Musique Française pour Orgue" a reçu d'excellentes critiques de la presse internationale.  "Champion is one of the finest young organist you'll ever hear!" Choir and Organ, Royaume Uni. 

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Benjamin Righetti

«Trentenaire surdoué, inventif» (Le Temps), «l'un des organistes les plus brillants de sa génération» (Revue musicale de Suisse romande), «un interprète immensément talentueux» (Diapason), Benjamin Righetti est l'organiste titulaire de Saint-François à Lausanne et professeur d'orgue au Conservatoire et à la Haute École de Musique de Lausanne (HEMU).
Né en Suisse en 1982, Benjamin Righetti découvre et se passionne très jeune pour les instruments à clavier. Il étudie le piano dans la classe de Jean-François Antonioli et l'orgue avec Yves Rechsteiner, François Delor, Jean Boyer, Jan Willem Jansen, Michel Bouvard et Philippe Lefebvre. Il pratique aussi régulièrement le clavicorde et le pianoforte. Instrumentiste inclassable, ou peut-être justement authentique organiste, c'est en tout cas aux claviers du roi des instruments qu'il a été lauréat des plus prestigieux concours internationaux, de 2002 à 2007 : Concours Suisse de l'orgue, Musica Antiqua de Bruges, Concours d'orgue de Tokyo-Musashino, 1er prix du Concours Silbermann de Freiberg, prix du public à Chartres, et Grand Prix d'orgue de la Ville de Paris. Il a été soutenu durant ses études par le Pourcent Culturel Migros, la Fondation Irène Dénéréaz et Pro Helvetia.
Depuis lors, il partage son temps entre des activités de concertiste, de musicien d'Église et d'enseignant. Parmi les plus de 600 concerts qu'il a déjà donnés à ce jour, quelques souvenirs marquants : à Notre-Dame de Paris le jour de ses 25 ans, au Festival Toulouse les Orgues lors de nombreuses éditions, pour les festivités du millénaire de la Cathédrale de Chartres, en soliste avec l'OSR au Concertgebouw d'Amsterdam et au Victoria Hall de Genève, lors du concert de clôture de la Bachfest au Dom de Freiberg, à St Jakobi de Lübeck, à la Philharmonie de Essen, à St Michael de München, à l'Hôpital des Vénérables à Sevilla et à la Cathédrale de Barcelona, pour le 800e concert de la Martinikerk à Groningen, en Italie dans les Cathédrales de Parma ou de Messina, dans la salle de concert du Conservatoire de Moscou, au Théâtre Mariinsky de St-Petersbourg... En duo, il se produit régulièrement avec Antoine Auberson (saxophone) et est un complice privilégié des chefs de choeurs Renaud Bouvier et Dominique Tille.
Du côté des enregistrements, il a publié quatre disques, actuellement tous disponibles chez Claves records : les Sonates en trio de Johann Sebastian Bach en 2010, sa transcription de la Sonate en si mineur et la Missa choralis de Franz Liszt en 2011, les Chorals de César Franck et Johannes Brahms en 2013 et les Sonates de Felix Mendelssohn en 2016. Ses publications ont toutes été saluées par la critique internationale (5 de Diapason, les indispensables de Diapason d'or, Orphée d'or, Clé du mois de Resmusica, 5 étoiles de Musica...) tant pour leur originalité que pour la maîtrise de leur réalisation. Il produit également des vidéos musicales pour sa chaîne YouTube.
Enfin, Benjamin Righetti poursuit une activité de recherche, rédigeant régulièrement des articles pour le site orgue.art et la revue La Tribune de l'Orgue. Il réalise aussi des transcriptions pour orgue et compose occasionnellement des oeuvres originales (disponibles sur imslp.org), souvent à but pédagogique, pour ses élèves ou pour lui-même.

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Stéphanie Thiodet

C'est à l'âge de 8 ans que Stéphanie Thiodet débute l'étude du piano avec Vittorio Forte, auprès duquel elle développe une sensibilité et une passion grandissante pour la musique.


Elle est admise à la Haute école de musique de Lausanne en 2008 dans la classe de Christian Favre, et obtient un Master en pédagogie instrumentale.
Quelques années plus tard, c'est dans la classe de Pierre Sublet, professeur à la Haute école des arts de Berne, qu'elle réussit son Master en Interprétation musicale avec mention très bien.


Aujourd'hui, Stéphanie se consacre principalement à l'enseignement du piano dans l'Ecole de Musique Vaudoise en Réseau, où elle travaille depuis 2016.

Aline d’Ans

Aline d'Ans étudie le piano à la Haute École de Musique de Lausanne, dans la classe de Christian Favre et obtient un premier Master en 2013. En 2016, elle obtient un second Master en rythmique Jaques-Dalcroze à la HEM de Genève avec le prix de la Fondation Jaques-Dalcroze pour le meilleur examen d'improvisation. Elle enseigne actuellement la rythmique Jaques-Dalcroze au Conservatoire de Neuchâtel et l'improvisation pianistique en groupe à l'Institut Jaques-Dalcroze de Genève.

 

Son répertoire varié lui permet de jouer en récital classique (comme le festival de piano de Genève 2019), aussi bien que d'improviser sur films muets (à plusieurs reprises à la Grange de Dorigny) ou que de se produire avec de la musique actuelle (accompagnement de chanteurs et de chœurs). Aline est actuellement en tournée Suisse avec la comédie musicale "Les Producteurs" de la compagnie Broadway ainsi qu'en tournée en France (à Moulins et à Volvic) avec le spectacle "Sœurs Semelles" et en Suisse avec la formation "French Touch". 

Jean Philippe Bauermeister (compositeur)

Jean-Philippe Bauermeister est né à Berne en 1948 pourtant c'est à Neuchâtel qu'il fait sa scolarité.

Dès l'âge de huit ans, il prend des leçons de piano, puis de composition vers l'âge de treize ans.

Ses professeurs sont Louis de Marval pour le piano, René Gerber et François Bayle pour la composition.

Il termine ses études à Genève avec une licence en lettres (musicologie) et devient à son tour professeur de piano.

Plus tard, il sera le critique de l'Express (anciennement Feuille d'Avis de   Neuchâtel), poste qu'il occupera pendant près de vingt ans.

Comme il le dit lui-même,  puisque la composition ne paie pas l'encre qu'on emploie pour l'écrire, il ouvre parallèlement un commerce de vins qui deviendra rapidement une institution dans le centre-ville.

Il n'a cessé d'écrire et ce, pour toutes sortes de formation (orchestre, orchestre de chambre, chœur, chœur et orchestre).

Son catalogue se monte à près d'une centaine d’œuvres.

Sa musique, attachée à la tradition, use cependant de polytonalité, de polyrythmie et parfois de ce qu'il appelle la métatonalité, à savoir un langage harmonique qui se centre sur des notes-pôle.

Il privilégie la mélodie et reprend à son compte l'idée que Debussy développait en affirmant qu'il n'avait rien écrit d'autre que des mélodies...

Retenons à son actif, outre son opéra (Médée) qui attend toujours sa création, deux concertos pour piano dont l'un fut créé par Olivier Soerensen et Jan Dobrzelewski, un Livre d'orchestre, créé par Théo Loosli, une Sonate pour piano créée par Pascal Sigrist, des Variations pour le même instrument, créées par Pascal Gallet à Paris et récemment « Quelques Esperluettes »ainsi que des « Bagatelles » pour quatuor à cordes créées par les Chambristes.

Adolphe Veuve (compositeur)

Né à Cernier en 1872, Adolphe Veuve est, dès ses seize ans, parti étudier à Berlin, puis à Vienne. De retour à Neuchâtel en 1899, il y devient professeur au Conservatoire de musique, poste qu’il occupera jusqu’à son décès en 1947. Parallèlement à la pédagogie, il se consacre à un carrière de concertiste et, surtout, de compositeur.   

Sa musique ne nous est malheureusement connue à l'heure actuelle que de manière très parcellaire. N'ont été édités, à notre connaissance, que deux mélodies, trois « Klavierstücke », une « Gavotte dans le style ancien » pour piano et, bien sûr la Sonate op. 2. Il est fait mention encore dans les archives de la Suisa de quelques mélodies, sans doute restées à l'état de manuscrit. Les recherches que nous avons entreprises n'ont encore pas abouti et, sans doute, de nombreuses partitions sont-elles dispersées voire, hélas, disparues.

 La Sonate en ré mineur est sans doute son chef-d'œuvre, du moins dans l'état de nos connaissances. Elle est parfaitement classique, coulée dans le moule de la tradition beethovenienne avec un premier mouvement en forme – sonate, un deuxième en forme-lied, un scherzo, bien entendu, en troisième position et un final vif. Adolphe Veuve n'est, certes, pas un  innovateur, mais, en revanche, son écriture parfaitement maîtrisée, son inspiration puissante et son métier remarquable en font un compositeur captivant parlant un langage personnel et nourri des plus belles idées. Il y a dans sa musique un souffle saisissant qui le rapproche de Brahms, dont on sent l'ombre ici,  un souffle qui s'exprime avec force dans le premier thème par exemple dont l'élan emporte immédiatement l'auditeur. On remarquera le soin tout particulier que  le compositeur porte au rythme  qui anime son propos. Ici les valeurs sont subtilement agencées et surtout variées, tout comme les  transitions conduites avec souplesse et qui agissent par fusion plus que par opposition. On en voudra pour exemple l'admirable liaison entre le premier et le second thème, la queue du premier servant  de prémices au second. 

En outre, cet auteur, excellent pianiste d'après les rares renseignements qui nous sont parvenus, emploie avec panache l'ambitus du clavier, opposant avec bonheur l'aigu au grave, jouant des couleurs entre des accords fournis et des arabesques délicates,  laissant parfois les thèmes tapis dans l'extrême grave, puis les propulsant dans l'aigu. De plus, si  le traitement harmonique est bien celui des romantiques tardifs, il est employé avec un art consommé de la modulation, semblable en ça aux meilleurs moments des pages de Brahms dont la parenté bien qu'évidente ne nuit pas à une pensée personnelle aux accents propres. Ce premier mouvement se clôt sur une coda puissante issue du premier thème. 

Le second mouvement, en forme ABA, d'une émotion sincère mais pudique,  parle une langue digne, riche de couleurs,  où l'inspiration à la fois noble et  contenue donne naissance à un thème élégiaque de la plus belle facture. Adolphe Veuve fait ici preuve d'une réelle grandeur d'inspiration sertie dans un écrin d'harmonies habilement conduites et dans une forme parfaitement maîtrisée. L'intermède central, simple suite de tierces au début, s'amplifie de contrepoints subtils qui vont de haut en bas du clavier dans des jeux de lumières captivants, il se termine sur un arpège doucement égrené de si b majeur. 

Le scherzo, à la manière de Bruckner, à mi-chemin entre le menuet et le scherzo, parle une langue bonhomme, teintée de paysannerie, gaie avec retenue, bientôt interrompue par un trio du meilleur effet où la veine mélodique de l'auteur s'exprime à nouveau avec une délicate émotion, soutenue comme pour les autres passages similaires d'harmonies et de modulations  admirablement agencées. 

Le final, en forme-sonate, débute par un prélude andante comme improvisé qui conduit à un allegro risoluto formé d'une succession de double-croches qui envahissent le clavier dans une ronde qui évoque quelque mouvement perpétuel, avant qu'un second thème (encore une trouvaille mélodique qui touche juste) n'interrompe cette cavalcade. Un développement librement construit conduit au retour des deux thèmes avant de conclure sur une coda basée sur le second amplifié par de majestueux accords avant un point final secco frappé aux deux extrémités du clavier. 

En conclusion, on remarquera que la musique d'Adolphe Veuve, si elle vaut par sa richesse d'inspiration et par la maîtrise du matériel harmonique et l'intelligence des modulations se révèle surtout par la veine mélodique qui marque sa personnalité, par son souffle et la beauté de ses contours. L'écoute de sa musique montre un auteur qui sait conduire sa forme et lui donne une ligne qui a vite fait de convaincre l'auditeur de le suivre dans sa démarche.